La réforme des pensions reste injuste, mais la mobilisation a permis des avancées.
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La réforme des pensions Arizona reste injuste et défavorable aux travailleurs comme aux fonctionnaires. Mais la mobilisation n’a pas été vaine : elle a permis d’obtenir plusieurs corrections, notamment sur le malus pension, les jours de réserve, la première année de travail et la prise en compte de certaines périodes assimilées.
Ces avancées ne suffisent pas à rendre la réforme acceptable, mais elles montrent que la pression syndicale a pesé. L’UNSP continuera à défendre les fonctionnaires, à combattre les mesures injustes et à proposer d’autres solutions pour des pensions plus justes.
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La réforme des pensions portée par le gouvernement Arizona reste une réforme profondément injuste.
Elle continue de faire peser l’essentiel des efforts sur les travailleurs, les travailleuses et les fonctionnaires. Elle remet en cause des équilibres importants, fragilise les fins de carrière et s’attaque à plusieurs garanties historiques du régime des pensions publiques.
Nous ne le cacherons pas : le texte adopté reste très mauvais.
Mais il serait tout aussi faux de dire que la mobilisation n’a servi à rien.
Depuis des mois, les organisations syndicales, les fonctionnaires, les travailleurs du secteur public et du secteur privé, les citoyens et les manifestants ont tiré la sonnette d’alarme.
Ils ont dénoncé les effets injustes de la réforme, en particulier pour les fonctionnaires, les carrières longues, les carrières à temps partiel, les périodes de maladie, les congés liés aux soins, les femmes…
Cette pression a produit des résultats.
Pas assez.
Pas tout ce que nous revendiquions.
Mais suffisamment pour rappeler une chose essentielle : quand les travailleurs se mobilisent, le gouvernement est obligé de bouger.
Des corrections ont été obtenues
Sous la pression sociale, plusieurs correctifs ont été intégrés au texte.
Le malus pension ne s’appliquera pas automatiquement à toute personne qui prend une pension anticipée. Une dérogation est prévue pour celles et ceux qui peuvent prouver 35 années de carrière d’au moins 156 jours et 7.020 jours de travail effectif sur l’ensemble de la carrière.
C’est une correction importante. Sans cette adaptation, de nombreux travailleurs ayant pourtant déjà accompli une longue carrière auraient pu être sanctionnés une seconde fois.
Des mécanismes ont également été ajoutés pour éviter que certaines années de carrière soient exclues de manière absurde pour quelques jours manquants. Un système de jours de réserve permet de compléter certaines années qui n’atteignent pas tout à fait le seuil requis des 156 jours par an.
De même, une exception a été intégrée pour la première année de travail (104 jours de travail et non 156)
La prise en compte de certaines périodes assimilées (maladie, congés familiaux ou thématiques, congé parental, congé d’adoption, repos de maternité, congé de naissance, chômage temporaire, invalidité, service militaire…) a aussi été au cœur du combat. Les syndicats ont rappelé qu’une carrière ne peut pas être analysée comme une simple addition mécanique de jours prestés, sans tenir compte de la maladie, de la maternité, des soins, des accidents de la vie ou des obligations familiales.
Ces corrections ne rendent pas la réforme juste.
Mais elles corrigent certaines injustices flagrantes.
La mobilisation a obligé le gouvernement à corriger sa copie
La majorité a voulu aller vite. Trop vite.
Elle a voulu imposer une réforme lourde, technique, aux conséquences majeures pour des centaines de milliers de travailleurs.
Mais la mobilisation a mis en lumière les injustices du texte.
Elle a forcé le débat.
Elle a imposé des explications.
Elle a rendu visibles les angles morts.
Elle a obligé le gouvernement à intégrer des corrections.
Sans la pression des travailleurs, sans les manifestations, sans les grèves, sans les interpellations syndicales, sans les avis critiques et sans les débats parlementaires, ces corrections n’auraient probablement pas vu le jour.
C’est pourquoi nous devons le dire clairement à nos affiliés : votre mobilisation n’a pas été vaine.
Elle n’a pas permis de stopper la réforme.
Elle n’a pas permis d’obtenir toutes nos revendications.
Elle n’a pas empêché tous les reculs.
Mais elle a permis d’arracher des protections concrètes.
L’UNSP continuera à vous défendre
Le vote de cette réforme ne clôt pas le débat syndical.
L’UNSP continuera à combattre les changements que nous estimons injustes, déséquilibrés ou dangereux pour les fonctionnaires et pour l’avenir des services publics.
Nous continuerons à dénoncer les mesures qui fragilisent les fins de carrière, qui remettent en cause les droits acquis ou qui font peser l’essentiel des efforts sur les travailleurs.
Mais notre rôle ne se limite pas à dire non.
L’UNSP continuera aussi à proposer d’autres solutions. Des solutions plus justes, plus équilibrées, plus respectueuses des carrières réellement prestées et des spécificités du service public.
Financer les pensions est un choix de société. Ce choix ne peut pas se résumer à travailler plus longtemps, pour moins de droits et moins de sécurité.
D’autres pistes existent : lutter réellement contre la fraude fiscale, mieux faire contribuer les revenus du capital, évaluer les niches fiscales coûteuses, revoir certains avantages accordés sans conditionnalité suffisante, renforcer l’emploi de qualité et préserver les recettes de la Sécurité sociale.
Nous resterons également attentifs à l’application concrète de la réforme. Chaque arrêté, chaque mesure d’exécution, chaque situation individuelle devra être analysé avec vigilance. Les fonctionnaires ont droit à une information claire, à une défense solide et à un accompagnement syndical lorsque leurs droits sont menacés.
