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Ils sont juste dans le dogmatisme.

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À travers la réforme des pensions, la loi-programme, les attaques contre les services publics, une même impression s’impose : le gouvernement Arizona entend la colère sociale, mais ne l’écoute pas réellement. Les syndicats, les travailleurs, les fonctionnaires, les enseignants, les experts et les acteurs de terrain alertent, argumentent et proposent des alternatives, mais la concertation ressemble trop souvent à une formalité.

Cette méthode de gouvernement interroge : gouverner vite, corriger peu et considérer les oppositions comme des obstacles plutôt que comme des contributions au débat démocratique. Cette méthode fragilise la confiance, alimente la colère sociale et donne l’impression d’une pensée unique gouvernementale.

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Il y a une différence fondamentale entre entendre et écouter.

Entendre, c’est percevoir du bruit.

Écouter, c’est accepter que ce bruit porte un message.

Et c’est précisément là que le bât blesse avec la méthode Arizona.

Depuis des mois, les travailleurs descendent dans la rue. Les fonctionnaires alertent. Les syndicats argumentent. Les experts auditionnés nuancent, corrigent, mettent en garde. Même certains interlocuteurs patronaux, pourtant rarement suspects de complaisance syndicale, contestent certaines mesures, comme le plafonnement de l’indexation des salaires. Des solutions alternatives sont proposées.

Et pourtant, la même impression revient : tout est déjà décidé.

La réforme des pensions en est l’exemple le plus frappant. Les débats parlementaires montrent une volonté manifeste d’avancer vite, très vite, trop vite.

Ce n’est pas anodin.

Quand on réforme les pensions, on touche à la vie entière des travailleurs.

Quand on modifie les règles de carrière, on touche aux choix posés il y a dix, vingt ou trente ans.

Quand on s’attaque aux fonctionnaires, à leurs tantièmes, à leur pension pour inaptitude, à la péréquation ou au traitement de référence, on ne modifie pas une ligne budgétaire : on modifie un contrat moral entre l’État et celles et ceux qui l’ont servi.

Or, le message envoyé est brutal : vous pouvez manifester, écrire, argumenter, témoigner, être auditionnés, proposés d’autres solutions… nous continuerons.

C’est cela qui nourrit aujourd’hui la colère.

Pas uniquement le contenu des réformes, déjà profondément contestable. Mais la méthode.

Une méthode où la concertation ressemble trop souvent à une formalité, où l’avis des syndicats est entendu (parfois), mais rarement intégré, où les inquiétudes des travailleurs sont considérées comme des résistances corporatistes, où les fonctionnaires sont présentés comme un coût avant d’être reconnus comme un pilier du service public.

La même logique se retrouve ailleurs.

En Fédération Wallonie-Bruxelles, dans le dossier de l’enseignement, la contestation du décret-programme est massive. Des enseignants sont mobilisés, les actions se multiplient.

Là aussi, les acteurs de terrain demandaient à être entendus et surtout écoutés. Mais la majorité parlementaire fait la sourde oreille.

Ce n’est pas sain.

Une démocratie sociale ne peut pas fonctionner si la majorité considère que détenir les voix suffit à détenir la vérité.

Gouverner, ce n’est pas seulement additionner des sièges.

C’est aussi :

    • accepter la contradiction,
    • entendre les corps intermédiaires que sont les syndicats, les associations, les représentants des travailleurs, les acteurs de terrain et toutes les organisations qui relaient concrètement les préoccupations de la population,
    • respecter les travailleurs,
    • tenir compte des réalités de terrain.

Aujourd’hui, nous avons l’impression d’assister à une forme de pensée unique gouvernementale :

    • une trajectoire est fixée, puis tout ce qui la conteste est minimisé ;
    • les manifestations deviennent du bruit ;
    • les grèves deviennent un obstacle ;
    • les syndicats deviennent des empêcheurs de réformer ;
    • les fonctionnaires deviennent des privilégiés ;
    • les enseignants deviennent des conservateurs ;
    • les travailleurs deviennent des variables d’ajustement.

C’est dangereux.

Parce qu’un gouvernement qui n’écoute plus finit par gouverner contre.

Contre les travailleurs.

Contre les services publics.

Contre les enseignants.

Contre les fonctionnaires.

Contre les corps intermédiaires.

Et, finalement, contre la confiance démocratique elle-même.

L’UNSP ne conteste pas le droit du gouvernement à réformer.

Nous contestons une manière de réformer qui consiste à décider d’abord, consulter ensuite, et corriger le moins possible.

Nous ne demandons pas que les syndicats gouvernent à la place du Parlement.

Nous demandons que le Parlement reste un lieu de débat réel, et non la chambre d’enregistrement d’accords déjà ficelés.

Nous ne demandons pas l’immobilisme.

Nous demandons que les réformes soient justes, concertées, évaluées et respectueuses de celles et ceux qui font fonctionner ce pays.

Car derrière les tableaux budgétaires, il y a des femmes et des hommes.

Des fonctionnaires. Des enseignants. Des agents administratifs. Des soignants. Des inspecteurs. Des agents de terrain. Des travailleurs à temps partiel. Des carrières longues. Des carrières pénibles. Des fins de carrière fragilisées. Des femmes. Des hommes.

Et tous disent aujourd’hui la même chose :

Nous ne sommes pas opposés au débat. Nous sommes opposés au mépris.

Quoi qu’elle en dise, l’Arizona entend la colère sociale.

Elle l’entend dans les rues.

Elle l’entend dans les grèves.

Elle l’entend dans les auditions.

Elle l’entend dans les avis, les motions, les courriers, les interpellations.

Mais entendre ne suffit pas.

Il faut écouter.

Et l’Arizona manque cruellement de cette écoute et se borne aveuglément dans ses réformes injustes.